guerre

La guerre dans le Pacifique est peu connue parce qu’elle échappait aux normes habituelles. Les masses humaines armées et lancées l’une contre l’autre en Europe ne s’y rencontrent pas. Le recours à la bombe atomique l’a enfin de compte évité sur le sol même du Japon.

Cette guerre comporte des caractéristiques parallèles dans les deux camps. L’armée de terre est en rivalité avec la marine de part et d’autre, chacun poussant ses avantages et proposant des stratégies contradictoires. Même les déficiences techniques étaient parallèles au départ et ont mis deux années à être corrigées du côté américain. Le résultat final est allé dans le camp de celui qui pouvait tenir le plus longtemps et dont la puissance industrielle permettait de compenser continuellement ses pertes en matériel et en hommes, compte tenu aussi de ce qu’il était par ailleurs le plus économe de la vie de ses soldats, et plus particulièrement de celle de ses aviateurs.

Une caractéristique assez négligée dans les jugements des auteurs est que les combats, par le choix des Japonais, se sont déroulés pour la plus grande partie ailleurs que dans l’une ou l’autre métropole. Les populations chinoises, malaises, indonésiennes, birmanes, philippines, océaniennes, ont payé pour une guerre se déroulant chez elles et qu’aucune n’avait souhaitée. Une forme de jeu militaire cruel voulu à la fois par les états-majors et les politiques et qui endormait la conscience des populations nationales des deux pays engagés dans la guerre, qui ne se sont pas rendu compte, jusqu’à la fin, sinon de l’enjeu, du moins du déroulement réel des événements. La multiplicité des fronts actifs, la faiblesse numérique relative et la dispersion des forces engagées, avaient pour résultat que le plus grand nombre n’était pas engagé à un moment déterminé, et que le problème du commandement était ausssi de les occuper.
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