kaahwa

Les figures de proue de la société canaque ancienne, moderne et contemporaine sont nombreuses. Le seul ennui est que les témoignages portant sur leur vie manquent singulièrement d’ampleur. Si l’on a pu écrire quelques pages sur un tel ou un tel, les dossiers biographiques satisfaisants ne se comptent même pas sur les doigts d’une seule main. On n’a pas encore fait mieux que le portrait du chef Ataï par le commandant Rivière.

Les dossiers du chef Goodu des hauts de Koné ; du chef Kawa de Poyes ; des chefs Bwaxat successifs à Hienghène ; des chefs Watio, Kandjo et Kuindo autour de Nouméa ; de l’isola, épouse puis veuve du chef Boula au XIXe siècle, mêlée par la main gauche à la guerre civile du Lösi (1838-42) et à la christianisation de l’île, et d’autres encore, s’agrandissent lentement, ajoutant les raccourcis aux détails pertinents sans que l’on s’y retrouve toujours clairement.

Théodore Braïno Kaahwa nous apporte un véritable bijou, deux cahiers relatant les événements de 1940-1941 dans la région de La Foa. Tout y passe, c’est-à-dire tout ce qui concerne les Mélanésiens de la région et tout de qui concerne les Européens aussi, jour par jour, sinon même heure par heure. Aucun historien du Pacifique ne dispose d’un document aussi précis, véritable photographie de la vie quotidienne de l’ensemble de la population à ce moment-là.

L’ouvrage présente les textes de Théodore Braïno, dans le cadre adapté à cette tache, à savoir un appareil de notes permettant de rassembler les informations, de les mettre en parallèle, d’en ajouter d’autres et de proposer une analyse permettant de préciser le côté non exprimé des événements, et en fin de compte ainsi ce que l’auteur nous dit et, pour une part au moins, ce qu’il ne nous dit pas.
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