oreilly

Le père Patrick O’Reilly nous a quitté depuis de longues années, dans des circonstances médicales peu agréables, ayant perdu son allant et une part de sa très vive intelligence. Il venait de passer plusieurs années dans une retraite forcée, qui lui avait fait perdre une partie de ses repères et l’avait laissé quelque peu incohérent, une tragédie pour ses amis.

Il s’était fait connaître de nombreux résidents du Pacifique Sud, par l’intermédiaire de la Société des Océanistes, dont il était le secrétaire-général, et de Missions des Îles, publication de qualité qui le rattachait directement ou indirectement à l’œuvre de son ordre.

Il nous était toujours apparu un peu hors du temps, quoique pas en dehors de l’espace océanien, qu’il voulait connaître dans tous ses détails, mais en utilisant des raccourcis auxquels les chercheurs répugnent généralement.

Il aurait pu construire un lien avec l’université, mais on ne pouvait même pas l’inclure dans un jury de thèse.
Il ne disposait d’aucune spécialisation classifiable qui eut pu le justifier, à défaut d’une thèse qu’il n’avait voulu ni préparer ni soutenir.

Le but de ses efforts constants de relations publiques était la grande bourgeoisie locale, les gouvernants, les haut fonctionnaires et les officiers généraux. Le temps se profilait où ces personnages allaient perdre de leur lustre, en même temps que les avancées scientifiques, qui n’étaient pas la tasse du thé du père, tendait à le déconstruire en personnage du passé.

Choisi pour se voir confier la responsabilité d’une mission de l’UNESCO, pour la protection de cultures qu’il n’aurait su définir par le fait d’une ignorance relative, sachant des choses mais pas tout ce qu’il aurait fallu, et de loin, pour répondre à l’interrogation d’une institution internationale, dont l’action se voyait opposer des critiques un peu de tous les côtés, en particulier de la part de gouvernants dont la culture n’était pas le premier souci, le père s’est lancé dans un voyage improvisé, où il apparaît commme le naïf embringué dans une aventure irréelle. Mais le récit en est passionnant, le père passant d’une interrogation qu’il ne domine pas à une autre toute pareille, et justement parce qu’il est perdu là-dedans, nous apportant une foule de renseignements originaux qu’on ne trouve que là, à ce moment du moins de l’histoire s’accélérant dans ces îles dont l’addition constitue une région restée si longtemps hors du siècle européen.

Tombant à un moment peut-être crucial de l’évolution des choses et des gens, ce Journal apporte des éléments passionnants, à condition de décoder les réponses.
guiart bibliographie telecharger editions anthropology contact
jeanguiart
© Jean Guiart 2011-2016