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Couverture du Roman noir

Le roman noir de l’île par Jean Guiart

Je suis un des rares auteurs à constamment comparer les systèmes coloniaux entre eux. J’ai bénéficié d’occasions uniques, d’étudier sur place le système colonial néerlandais, juste avant qu’il ne disparaisse totalement, en Nouvelle-Guinée occidentale. Mais j’ai pu travailler avec la dernière génération de Kontroleurs hollandais, formés avant-guerre en Indonésie.

Ainsi que pendant longtemps, sur le terrain, pas en cabinet, toutes les formes coloniales anglaises, australiennes et néo-zélandaises, en plus des formes françaises. A Fiji, aux Salomons et en Papouasie Nouvelle-Guinée, aussi bien qu’aux îles Tonga, aux Samoa, en Nouvelle-Zélande, en Australie, à Tahiti, au Vanuatu, et en Nouvelle-Calédonie. De même, j’ai eu l’occasion de toucher à toutes les formes d’évangélisation catholiques et protestantes dans l’ensemble du Pacifique. J’ai eu de bons amis dans chacune de ces églises et j’en ai acquis une bonne connaissance. J’ai pu ainsi voir ce qui était de l’ordre de la présentation et de la mise en scène, et ce qui était plus ou moins exact, plus ou moins sincère et plus ou moins réussi.

Derrière des apparences se sont cachés bien des drames. Les guerres coloniales en Nouvelle-Zélande et en Nouvelle-Calédonie ont duré chacune plus de deux générations. Certains drames ont été de l’ordre cosmique, mettant sur pied une destruction totale de l’autre, en général le premier habitant.

Des miséreux irlandais, cherchant à échapper à la pauvreté institutionnalisée chez eux, se retrouvant en compétition pour les emplois au Queensland australien avec des travailleurs mélanésiens importés dans des conditions pas toujours ni claires ni honnêtes, ont imaginé de les expulser pour prendre leur place, et pour plus de sûreté ont entrepris d’organiser la destruction par le poison des aborigènes australiens de la même région. A l’inverse, des communautés océaniennes, affrontés aux blancs, ont cherché à s’en débarrasser par un massacre général des nouveaux-venus se rendant insuppportables. Je raconte ici une tentative mal connue et qui a réussi, aidée par le recours aux dieux de la terre. . . de l’ordre de la tragédie grecque. . .

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